Des mouchoirs aux supers pouvoirs, tueurs de bactéries récidivistes.
C’est nouveau, ça vient de sortir.
15 minutes.
C’est le temps qu’il faut aux mouchoirs anti-viral de chez Kleenex pour éradiquer les virus de la grippe et du rhume sur son territoire (contre 48h pour les mouchoirs classiques).
Les cibles ?
Nos petits bambins, qui laissent trainer leurs mouchoirs pleins de… virus par-tout !
Hé oui, Kleenex nous apprend sur son site que les familles avec enfants souffrent 5 fois plus de rhumes que celles qui n’en ont pas.
Mais d’après les médecins, l’efficacité de ce produit est faible :
« Ce type de virus se répand surtout par l’air – par exemple lorsqu’on tousse ou qu’on éternue – ou lorsqu’une personne enrhumée touche à des objets, comme une poignée de porte »
Alors, que faire pour diminuer réellement le risque de transmission ?
Dégainer son mouchoir destructeur au moindre éternuement… ou le fixer carrément en masque devant sa bouche, à la mode chinoise.
Pour s’inscrire en profondeur dans votre mémoire à long terme et y imprimer un souvenir agréable, les marques ont ratissé toutes les stratégies potentiellement imaginables.
Il y en a une, qui marche tout particulièrement : le principe et de susciter en vous des émotions fortes et de vous faire vivre une expérience inoubliable.
Je vous présente la technique dite du « Marketing Expérientiel », appliquée aujourd’hui par la marque Doritos.
Voici un exemple type que nous explique Olivier Pineda du blog Buzz et Cie.
« Doritos, une expérience qui fait froid dans le dos…
Doritos, très présent sur le web nous revient avec une nouvelle expérience : Hotel 626.
Ça commence avec une idée originale, car l’hôtel (donc le site) n’est ouvert que de 18h à 8h, il faut donc s’enregistrer sur le livre de réservation, pour réserver une chambre, en laissant son nom et son mail (habile pour récupérer du mail).
Alors grand débat : puisque le site est fermé au moment où on y va (à supposer que ce soit dans la journée), Doritos perd des internautes… Donc ça fait monter le suspense (éventuellement ça fait buzzer) et suscite encore plus l’intérêt.
Si on est vraiment pressé, on peut toujours changer l’heure de l’ordi…
… Hi Hi Hi
Une fois l’hôtel ouvert, c’est là qu’une expérience des plus immersives commence…
Réveillé au milieu de la nuit, vous allez devoir vous échapper de cet hôtel très curieux. Le principe est une succession de films entrecoupés de petits jeux très prenants.
Filmée en caméra subjective dans un environnement sombre, angoissant et avec une bande son très travaillée (ça fait un peu penser à Shining), cette expérience interactive est une vraie réussite.
Manque juste le fait de pouvoir passer en fullscreen pour optimiser l’immersion. Je ne vous en dis pas plus. Je vous invite vraiment à y aller et vous conseille de le faire dans le noir avec un casque… »
En France, dans les affaires de pub, on est pas trop du genre à jeter le gant de la provocation. Entre concurrents, personne ne s’amuse à attaquer l’autre sur son terrain.
Et puis les embrouilles, c’est pas bon pour les parts de marché.
Mais évidement, il en faut toujours UN pour aller à contre courant…
… et vous vous en doutez, quand il y a du rébellion,
Leclerc est premier sur le front.
Pour prouver coûte que coûte que chez Leclerc, la vie est moins chère, l’enseigne n’hésite pas à dénoncer la hausse des prix appliquée chez ses rivaux.
Auchan, Carrefour, Intermarché, Système U, Aldi ou Ed,
tout le monde en prend pour son grade.
o_O
« Hé Ho, il a paaas le droit de faire çaaa ! »
Et bien Si.
Mister MEL a tout à fait le droit.
En effet, il faut savoir que la publicité comparative est autorisée, depuis 1992 :
si elle n’est pas trompeuse ou de nature à induire en erreur
si elle porte sur des biens ou services répondant aux mêmes besoins ou ayant le même objectif
si elle compare objectivement une ou plusieurs caractéristiques essentielles, pertinentes, vérifiables et représentatives de ces biens ou services - et autres…
C’est dire si le grand patron connait bien ses droits.
Comme vous pouviez le lire ici, Michel Édouard Leclerc a ouvert le malicieux site quiestlemoinscher.com, site qui a le pouvoir de justifier toutes les comparaisons possibles et imaginables.
Et si l’on regarde bien les comparateurs de prix…
On se rends compte que Leclerc pourrait écraser n’importe qui.
Depuis quelques temps, la majorité des publicitaires américains s’arrachaient les cheveux…
Non pas parce que leurs maisons californiennes prenaient feu, mais plutôt parce que les consommateurs réussissaient à éviter leurs spots publicitaires, grâce aux redoutables… enregistreurs numériques (tels que TiVO) !
En effet, ayant la possibilité d’accélérer la coupure pub afin d’arriver directement jusqu’à leurs programmes favoris, les téléspectateurs pouvaient ainsi éviter 8 ou 10 minutes de réclame non désirée.
Mais, comme vous vous en doutez, les marketeurs ont bien plus d’une stratégie dans leur sac.
S’associant à de grands chercheurs en marketing visuel et psychologie de la perception, les publicitaires ont donc réfléchi à la solution permettant d’enrayer ce phénomènes de zapping intempestif.
Et… Ils l’ont trouvé.
Il paraitrait que, pendant que le téléspectateur appui sur le bouton « avance rapide » de sa télécommande, celui-ci fait un effort particulier de concentration pour savoir quand est-ce-qu’il doit réactiver la lecture en vitesse normale, au moment de la reprise de son émission.
Hum Hum…
Ce qui signifie que durant ce cours espace de zapping,
le spectateur est donc extrêmement A-TTEN-TIF !
Ce postulat a donc suffit à convaincre les annonceurs de réaliser des publicités spécialement conçues pour être visibles en vitesse de défilement rapide !
Un bon gros logo affiché en statique,
en haut à droite de l’écran pub, pendant 1,5 secondes,
la voilà notre punition !
Un coût diminué, une créativité moindre, un consommateur hypnotisé : tant d’arguments vendeurs pour séduire l’annonceur…
Après Freedent, Guinness, WWF et autres spots déferlants (que vous pourrez apprécier ce Vendredi dans le -Visionnage-), c’est à Sony d’utiliser la technique de la dégringolade constructive.
Voici la nouvelle publicité de Sony pour sa gamme Bravia, toujours haute en couleur. Pour cette nouvelle création, Sony a décidé de porter son choix sur l’Inde (après San Francisco, Glasgow ou New-York) - ce qui n’est pas forcément un hasard, commercialement parlant – en réalisant une revue du pays : du désert, au Taj Mahal, en passant par les bains publics.
Réalisée avec une musique dont le rythme est très lent et uniforme (contrairement à la publicité « explosion de peinture »), la sonorité de cette pub est en effet très douce (contrairement à la publicité des « lapins géants », ce qui contraste totalement avec une chute de domino qui est habituellement assez bruyante et aigüe.
Un making-off a également été mis sur Youtube mais l’agence publicitaire Bates 144, derrière la réalisation de la publicité TV, a décidé de désactiver l’intégration : idée complètement débile.
Si on met sa vidéo sur Youtube c’est pour la partager non ? »